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Le
mandat de protection future
§ Qu’est-ce
qu’un mandat de protection future ?
Le
mandat de protection future est un contrat par lequel une personne – appelée
« mandant » – confie à
l’avance le soin à une autre personne – dite « mandataire » –
d’assurer la protection de sa personne, de ses biens, pour le cas où elle ne
serait un jour plus capable de le faire elle-même.
Un
mandat de protection future peut être réalisé, par exemple, par crainte de la
maladie d’Alzheimer ou en cas de maladie dégénérative.
§ Qui
peut-être mandant ?
Toute personne majeure ou mineure
émancipée peut être mandant.
- Qui peut-être mandataire ?
Le mandataire peut-être toute
personne physique en qui le mandant a confiance. Ce peut donc être un parent,
un ami, un collègue de travail, dès lors que ce dernier est majeur ou mineur
émancipé et a la capacité juridique.
Ce peut aussi être un
professionnel ou même une personne morale – c’est à dire une société ou une
association – si elle est inscrite sur la liste des mandataires judiciaires à
la protection des majeurs.
Il est enfin possible de désigner
plusieurs mandataires.
- Quelles missions peut-on confier au mandataire ?
Le mandataire peut-être chargé de la protection de la
personne du mandant ; son rôle sera alors très proche de celui d’un
tuteur : il effectuera les démarches administratives avec le mandant, sera
peut-être amené à consentir à un acte médical à sa place…
Il peut également être chargé de la protection d’une autre
personne : « il s’agit du mandat de protection future pour
autrui ».En fait, ce type de mandat est réservé aux parents qui souhaitent
confier la protection de leur enfant mineur à quelqu’un, pour le cas où il leur
arriverait quelque chose avant que leur enfant ne soit adulte. Il peut aussi
s’agir d’un enfant majeur handicapé.
Le mandataire peut enfin être chargé de la gestion du
patrimoine du mandant.
Il est possible de désigner un mandataire unique pour
l’ensemble de ces aspects de protection différents ou plusieurs mandataires,
chacun pour un aspect différent.
Il est encore possible de désigner plusieurs mandataires
qui auront chacun exactement le même rôle et qui peuvent tous être chargés de
l’ensemble de ces aspects de protection différents. Mais les choses risquent
alors de s’avérer compliquées, en cas notamment de désaccord entre eux !
Le mandant devra, par ailleurs, obligatoirement désigner
une personne chargée du contrôle des actes du mandataire. Là encore, le mandant
est libre de son choix quant à la personne à désigner.
§ Comment
conclure un mandat de protection future ?
Le mandant peut agir seul, sans l’aide d’un professionnel. Mais il
devra alors respecter un modèle obligatoire, établi par décret. L’avantage de
ce système est qu’il permet d’éviter le coût d’un avocat ou d’un notaire, mais
il présente l’inconvénient d’une rigidité : le mandant devra se conformer
au modèle, sans pouvoir ajouter tout ce qu’il souhaiterait voir figurer dans le
mandat. De plus, le mandant qui agit seul ne bénéficiera pas des conseils d’un
professionnel. Enfin, le mandat sera un simple acte sous seing privé.
Le mandant peut agir avec l’aide d’un avocat. Le mandat est alors
également un document « sous seing privé ». Ce système présente
l’avantage de la souplesse : le mandat sera modifiable tant qu’il n’aura
pas commencé à être exécuté. De plus, le mandant n’aura pas à se conformer à un
modèle pré-établi : il pourra insérer quelque clause qu’il lui plaise dans
le contrat. Il bénéficiera, enfin, des conseils et des explications de son
avocat. L’inconvénient de ce système réside toutefois dans le fait qu’un acte
sous seing privé bénéficie d’une moins grande force juridique qu’un acte
notarié. Le mandataire désigné aura alors un peu moins de pouvoirs qu’il n’en
aurait s’il avait été désigné par un mandat notarié, notamment quant à la
gestion du patrimoine du mandant. Par exemple, il ne pourra pas procéder à la
vente de biens appartenant au mandant. Il devra se contenter d’administrer ces
biens.
Le mandant peut enfin effectuer
ce mandat avec l’aide d’un notaire, qui confèrera alors le caractère
« officiel » à l’acte. L’avantage de ce système réside dans la grande
force juridique qui est conférée au mandat : il est difficilement
contestable devant les tribunaux et il dote le mandataire de plus grands
pouvoirs, notamment quant à la gestion du patrimoine du mandant. Ce système
présente néanmoins l’inconvénient d’une certaine rigidité : il est
beaucoup plus difficile de le modifier qu’un acte sous seing privé. Il est
également assez coûteux (frais d’enregistrement, etc…)
- Quand est-ce que le mandat débute ? Quand est-ce qu’il prend fin ?
C’est au mandataire d’agir en
premier lorsqu’il estime le moment venu. Il va alors s’adresser à un médecin
inscrit sur une liste dressée par le procureur de la République (disponible au
Tribunal d’Instance situé dans le ressort de la résidence du mandant), lequel
va examiner le mandant et dresser un certificat médical constatant l’altération
des facultés de ce dernier.
Le mandataire devra alors se
rendre au greffe du Tribunal d’Instance situé dans le ressort de la résidence
du mandant, accompagné, en principe, du mandant. Il pourra s’y rendre seul si
toutefois l’état de santé du mandant s’oppose à ce qu’il accompagne le
mandataire.
Il devra se munir des pièces
suivantes : l’original du mandat signé par le mandant et le mandataire, le
certificat médical de moins de 2 mois, les pièces d’identité du mandant et du
mandataire, un justificatif de la résidence habituelle du mandant.
Le mandant prend fin lorsque le
mandant recouvre toutes ses facultés, lorsqu’il décède ou bien lorsque le
mandataire perd la capacité juridique ou que le juge des tutelles décide, pour
certaines raisons, de le révoquer.
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